Nouvelle : Alice, la géante (macrophilie)

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macrophilie

« Assise sur un banc dans un parc, Alice prit le temps de se détendre de sa journée. Elle avait couru toute la journée, avait sué et se sentait sale et odorante.
17h42. Encore plusieurs longues minutes la séparaient de son appartement.
Le regard d’Alice se posa sur le garage déposé sur ses genoux. Une petite voiture était sur le flan gauche, un petit bonhomme en plastique décoloré tenait un panneau « STOP », et un amoncellement de souvenirs remontaient à la surface.
Alice espérait que cet enf*nt s’amuserait avec son nouveau jouet et se créerait de beaux souvenirs. Puis, elle se demanda quels jeux il inventerait. Serait-il un bon garagiste qui accueil et aide les personnes dans le besoin ? Serait-il un conducteur de Formule 1 qui parcourt de nombreux circuits ? Ou bien serait-il, tout comme elle, un destructeur ?
Alice se remémora les combats automobiles qu’elle organisait et durant lesquels elle jetait les véhicules haut au plafond tout en les faisant se percuter en plein vol avant de les conduire au garage se faire réparer, et recommencer. Elle aimait aussi marcher sur les petits bonhommes en plastique, les agripper avec ses orteils et les jeter contre les murs, les étouffer sous la puissance de ses pieds…
Oh bien sûr, Alice avait essayé de reproduire ses jeux à l’âge adulte, mais cela n’avait plus la même saveur. C’était ainsi, Alice était devenue une adulte. Alice avait grandi. Alice devait grandir et renoncer à son jouet.
Quel effet cela procurerait d’avoir le monde à ses pieds ?
Il est temps de grandir.
Alice releva la tête et remarqua que les arbres du parc semblaient avoir été plantés récemment au vu de leur taille de jeune pousse. Pourtant, ces mêmes arbres lui avaient semblé être de vieux chênes lorsqu’elle s’était aventurée entre les allées du parc.
Elle remarqua ses mains et ses pieds qui se mirent à grandir progressivement. Puis, ce fut à sa poitrine qui avait toujours été modeste de se développer, faisant ainsi craquer l’attache de son soutien-gorge sous son tee-shirt qui ne tarda pas à se déchirer. Les broderies de ses bonnets cédèrent et laissèrent visible sa poitrine.
Effrayée, Alice voulut se couvrir les seins de ses mains, mais celles-ci, qui pourtant continuaient de grandir n’étaient pas suffisamment larges pour les recouvrir. Ses jambes qui grandissaient elles aussi, rendirent la jeune-femme aussi haute que le deuxième étage de la Tour Eiffel1*. Puis, plus grande encore.
De cette hauteur, la femme devenue géante, discerna son tanga à même le sol, les coutures décousues. La honte s’imprima sur ses joues ce qui, en plus de sa grande taille, attira le regard des passants.
Terrorisée par sa nouvelle condition, Alice voulut se mettre en boule mais, ne sachant pas encore comment gérer sa nouvelle perception dans l’espace avec ce nouveau corps, écrasa de ses fesses le parc dans son intégralité et tous ses promeneurs.
Les larmes lui montèrent tout d’abord. Elle se sentait comme Alice dans Alice aux Pays des Merveilles lorsque, dans la maison du lapin blanc, elle obéit bêtement à l’impératif d’un biscuit disant « Mange-moi. » et que son corps se mit à grandir : à l’étroit.
Puis, elle repensa à ses jeux d’… N’était-ce pas l’occasion de savoir ce que cela procurait d’avoir le monde à ses pieds ? »

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1* Hauteur du deuxième étage de la Tour Eiffel : 115 mètres

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